La signature de l’accord commercial au Gran Teatro José Asunción Flores de la Banque centrale du Paraguay verra la participation de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, du président du Conseil européen, António Costa, et des ministres des Affaires étrangères des pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay), ainsi que de l’actuel dirigeant du bloc sud-américain, le président du Paraguay, Santiago Peña.
« Lorsqu’on examine le volume des échanges, il s’agit à la fois du plus grand accord commercial signé par le Mercosur et de l’un des plus importants parmi ceux signés par l’UE », a souligné la présidence brésilienne.
La signature n’a été possible qu’après que les vingt-sept pays de l’Union européenne ont atteint la semaine dernière une majorité qualifiée pour valider l’accord, malgré le vote contre de la France (principal opposant), de la Pologne, de l’Autriche, de l’Irlande et de la Hongrie, ainsi que l’abstention de la Belgique.
Pour atteindre cette majorité qualifiée, il a été nécessaire de négocier des sauvegardes supplémentaires pour les agriculteurs européens, qui ont continué à manifester ces derniers jours contre l’accord, et qui ont servi à convaincre l’Italie, mais n’ont pas suffi à faire fléchir Paris.
L’accord permettra d’éliminer les tarifs pour 91 % des exportations de l’UE vers le Mercosur et pour 92 % des ventes sud-américaines vers l’Europe, ouvrant un marché commun de plus de 700 millions de consommateurs, représentant ensemble un Produit Intérieur Brut (PIB) d’environ 22 billions de dollars, selon les données de la Commission européenne.
Pour l’Union européenne, le traité ouvre les portes d’un marché historiquement protégé à ses secteurs industriels les plus compétitifs, parmi lesquels se distinguent l’industrie automobile et la machinerie industrielle, où les tarifs actuels entre 35 % et 14 % disparaîtront progressivement.
D’autres secteurs qui bénéficieront de manière spéciale seront le secteur de la chimie et de la pharmacie, ainsi que les produits agroalimentaires protégés par des appellations d’origine, comme les vins et les fromages.
Dans le cas du Portugal, l’huile d’olive et le vin (deux des plus grandes exportations portugaises vers le marché brésilien géant) verront leurs tarifs réduits et éliminés au fil des années.
« Les exportations agroalimentaires de l’Union européenne vers le Mercosur ont totalisé 3,3 milliards d’euros en 2024. L’accord aidera à stimuler ces exportations en éliminant les tarifs élevés sur les principaux produits d’intérêt exportateurs de l’UE », a souligné la Commission européenne dans un communiqué.
De son côté, l’accord permettra au Mercosur de consolider sa position de « grenier du monde » pour l’Europe, en obtenant un accès préférentiel à des produits comme la viande bovine, le soja, le miel et les biocarburants, bien qu’avec un système de quotas visant à limiter l’impact sur les producteurs européens locaux.
Cependant, le feu vert des pays de l’Union européenne pour signer l’accord avec le Mercosur pourrait rencontrer ses derniers obstacles, surtout dans le processus de ratification au Parlement européen, en 2026.
En vue de la ratification, l’accord est considéré comme « mixte » et se divise en deux parties, une commerciale et un accord d’association, qui suivent des parcours parallèles : les deux devront recevoir l’aval du Parlement européen avant leur conclusion formelle, et l’accord d’association nécessite encore le consentement de tous les parlements nationaux de l’UE.