La journaliste, diplômée en droit et actuelle directrice de l’information de l’agence publique de presse Lusa, a été aujourd’hui désignée par une majorité des membres de la Commission de la Carte Professionnelle de Journaliste (CCPJ) pour être la prochaine présidente de l’organisme de 2025 à 2028.
La CCPJ est un organisme indépendant de droit public, chargé de réguler l’accréditation professionnelle des journalistes et d’assurer le respect de leurs devoirs professionnels, tels que les règles d’incompatibilité.
Dans des déclarations à Lusa concernant le rôle de la CCPJ dans les années à venir, Luísa Meireles affirme qu’une des questions à considérer sera la possible révision générale de la législation du secteur de la communication sociale, puisque le Gouvernement entend revoir les lois de la presse, de la radio, de la télévision et de la transparence des médias pour créer le Code de la Communication Sociale.
« Étant donné que la législation doit être révisée et modernisée, il est nécessaire que les journalistes aient une voix. Et il n’y a pas de meilleure voix que la CCPJ » pour assumer ce rôle, a-t-elle déclaré, soulignant que la communication sociale et le journalisme se trouvent « à un moment critique » où il est nécessaire de renforcer la voix des professionnels.
« Le Syndicat des Journalistes est une voix importante [dans le processus de révision législative], mais il ne parle que pour les syndiqués, il ne parle pas pour le journalisme en général. La CCPJ est un organe d’autorégulation et peut parler pour tous les journalistes », a-t-elle souligné.
Luísa Meireles considère également important de préserver le rôle des journalistes dans un contexte de transformations médiatiques où de nouveaux acteurs, tels que les ‘influenceurs’ et les commentateurs, ont émergé, dont les journalistes se distinguent par le fait d’avoir « un code [déontologique] à respecter ».
« Tout le monde a le droit — et le devoir, s’il le souhaite — de s’exprimer dans l’espace public. Ce qui me dérange, c’est de [mettre] sur le même plan un journaliste, qui obéit à des principes et à des règles déontologiques », a-t-elle noté.
Lorsque des entreprises de presse sont en difficulté, « cela ouvre la porte à toutes sortes de complaisances et cela va se refléter sur le maillon le plus faible, qui est le journaliste », a-t-elle déclaré, soulignant qu’il « n’y a pas de démocratie sans journalisme » et que « le journalisme ne peut exister que dans une démocratie ».
Luísa Meireles a également confirmé qu’elle exercerait la fonction de présidente de la CCPJ en même temps que celle de directrice de l’information de Lusa.
Interrogée sur ce qui se passerait si la commission devait prendre une décision concernant des journalistes de l’agence, elle a répondu que la loi serait respectée, admettant demander à être excusée en cas de conflit d’intérêts. « La loi s’applique », a-t-elle dit.
« S’il y a des cas impliquant quelqu’un avec qui je travaille directement, il y a toujours la possibilité de demander à être excusée pour un cas concret », a-t-elle déclaré.
Conformément au Règlement d’Organisation et de Fonctionnement de la CCPJ, la commission est composée de huit membres, désignés de manière égale par les journalistes professionnels et les opérateurs du secteur, et d’un président, coopté par ceux-ci.
La législation exige que le président soit « un juriste de mérite reconnu et d’expérience dans le domaine de la communication sociale ».
La CCPJ se trouvait sans président depuis plusieurs mois, après environ un an d’impasse dans le choix d’un successeur à Licínia Girão.
Diplômée en droit, Luísa Meireles a été avocate pendant dix ans et est journaliste depuis plus de 35 ans.
Lors des deux mandats précédents, les présidentes Leonete Botelho et Licínia Girão étaient également journalistes et formées en droit.
