La rencontre était prévue pour 14h00 à l’entrée de la gare de Santa Apolónia, point d’arrivée de nombreux manifestants après plusieurs heures de voyage jusqu’à Lisbonne. À l’heure indiquée, plus de 100 personnes se rassemblaient, venant de différentes zones de la Beira Baixa.
Sous le slogan « L’Intérieur n’est pas à vendre – Non aux méga centrales solaires, » la manifestation a été organisée par divers mouvements civiques qui contestent les plans d’installation de centrales photovoltaïques dans les zones naturelles de cette région.
« Nous ne pouvons pas installer des méga structures de cette nature dans des zones rurales où il y a beaucoup d’activité économique, où il y a de l’agriculture, du tourisme, des zones protégées, des zones classées, » a plaidé Samuel Infante.
À l’agence Lusa, le représentant de la Plateforme de Défense du Parc Naturel du Tejo International (PDPNTI), qui a déposé vendredi au Parlement une pétition avec plus de 18 000 signatures, a défendu une intervention de l’État en tant que régulateur pour assurer la préservation de l’environnement, soulignant la participation civique générée par ce sujet.
C’est au son des tambours, grelots, adufes, et autres instruments traditionnels que les manifestants ont défilé dans les rues du centre historique de la capitale jusqu’au Rossio, brandissant des pancartes affichant des messages tels que « Des moutons dans les prés, des panneaux sur les toits » ou « Ils appellent ça transition, moi j’appelle ça occupation ».
Tout au long du parcours, ils scandaient que « la Beira est vivante » et ont parcouru des centaines de kilomètres pour montrer leur opposition aux plans que certaines entreprises ont pour la région.
Le problème n’est pas la production d’énergie solaire, assure Bruno Teixeira, du mouvement Cidadãos pela Beira Baixa.
« Nous ne sommes pas contre les énergies vertes et la transition énergétique. Nous sommes contre ce modèle stratégique centralisé et mégalomane. C’est absurde, » a-t-il déclaré, selon l’agence Lusa.
En soulignant les impacts sur la vie des gens, le paysage et la biodiversité, Bruno Teixeira met en avant que les conséquences sont encore plus graves en ce qui concerne l’intégrité du sol.
« C’est plus compréhensible quand on parle de biodiversité, d’espèces menacées, comme les oiseaux, les chênes-lièges, ou les chênes verts, qui sont protégés et dont l’abattage est prévu, mais peu de gens valorisent le fait que sans sol, nous ne survivons pas, nous ne subsistons pas, » a-t-il affirmé, alertant que « un centimètre de sol prend des décennies à se former ».
Originaire de la région de Porto, Bruno Teixeira a déménagé à l’intérieur, où il a reconstruit sa vie en se consacrant au tourisme rural. Il se souvient des promenades qu’il fait à Monsanto et, anticipant l’avenir, déplore qu’au lieu du Plateau Beirão, il aura à contempler « une mer de panneaux ».
Samuel Infante a également insisté sur le fait qu’il existe des alternatives au modèle centralisé qui peuvent, et doivent, être explorées.
« D’autres pays ont des exemples d’implantation de ces infrastructures sur les autoroutes, les lignes de chemins de fer, et d’autres infrastructures linéaires déjà construites et artificielles », a-t-il argumenté, considérant que le Portugal a une marge pour aller bien au-delà de l’objectif de 5% de production d’énergie solaire décentralisée.
Se joignant à la manifestation, le coordinateur du BE, qui a suivi une partie du parcours, a déclaré que « la méga production d’énergie photovoltaïque va à l’encontre de toutes les bonnes pratiques plus qu’établies » et de la notion « d’une transition juste ».
José Manuel Pureza a également critiqué l’État, qu’il a qualifié d’irresponsable pour ne pas encourager « les formes correctes de production d’énergie par des sources alternatives ».
Récemment, la commission d’évaluation coordonnée par l’Agence Portugaise de l’Environnement (APA) a rejeté le projet de centrale photovoltaïque de la Beira après avoir identifié des impacts négatifs significatifs sur les systèmes écologiques et l’utilisation des sols.
Le projet, sur une superficie de 524,4 hectares occupée par 425 600 modules photovoltaïques, couvre les communes de Castelo Branco et Idanha-a-Nova, et l’entreprise promotrice a déjà manifesté son intérêt pour procéder à la révision, disposant maintenant de six mois pour le faire.
Par ailleurs, le projet de la Centrale Photovoltaïque Sophia, prévu pour les communes de Fundão, Penamacor et Idanha-a-Nova, est encore en phase d’évaluation environnementale, dont le délai se termine le 9 février.
Cette centrale solaire photovoltaïque s’étend sur les municipalités de Fundão, Idanha-a-Nova et Penamacor, dans le district de Castelo Branco, couvrant un total de 390 hectares de surface occupée par des modules photovoltaïques, 435 hectares en tenant compte de toutes les infrastructures, et un total de 1 734 hectares de surface clôturée.
