Selon le rapport de la Direction Générale de la Santé, « cette croissance reflète l’évolution démographique, l’augmentation de la prévalence des maladies cardiovasculaires chroniques et l’élargissement des options thérapeutiques disponibles, notamment dans les domaines de l’hypertension, de la dyslipidémie et de l’insuffisance cardiaque ».
« La pharmacie communautaire concentre la grande majorité des dépenses – environ 92-93 % du total, maintenant une structure stable au cours de la dernière décennie », souligne le rapport « 10 Ans des Maladies Cérébro et Cardiovasculaires au Portugal (2013-2023) », auquel l’agence Lusa a eu accès.
En 2024, le coût pour le Service National de Santé avec les médicaments cardiovasculaires dispensés en pharmacie communautaire s’élèverait à environ 466 millions d’euros, tandis que les médicaments hospitaliers représentent 38,8 millions d’euros (7,6 % du total).
« Malgré la stabilité relative du poids hospitalier, la tendance à la croissance globale a été constante, avec seulement de petites fluctuations entre 2018 et 2020 », indique le document, notant l’augmentation plus marquée à partir de 2021, coïncidant avec la reprise de l’activité de soins post-pandémie et l’introduction de thérapies innovantes, notamment dans l’insuffisance cardiaque et la prévention secondaire.
L’analyse à long terme met en évidence deux phénomènes complémentaires : le remplacement progressif par des médicaments plus récents, mais à coût unitaire plus élevé – comme les inhibiteurs du SGLT2, le sacubitril-valsartan ou les anticoagulants oraux directs -, et le vieillissement de la population et la chronicité croissante, qui prolongent la durée moyenne du traitement et augmentent le nombre de patients traités.
« Les médicaments pour les maladies cérébro-cardiovasculaires continuent à représenter l’un des principaux déterminants des dépenses pharmaceutiques publiques, correspondant à une des plus grandes parts du total des médicaments remboursés par le SNS », souligne le rapport, défendant l’importance d’optimiser leur prescription et de renforcer l’adhésion thérapeutique, « assurant ainsi que l’augmentation des investissements se traduit par des gains effectifs en santé et la réduction des événements aigus évitables ».
Le rapport du Programme National pour les Maladies Cérébro et Cardiovasculaires (PNDCCV) souligne que le remboursement majoritaire de ces médicaments aux échelons B ou C a un impact significatif sur le budget des familles, renforçant « la pertinence de la proposition du PNDCCV pour la reclassification à l’échelon A des médicaments génériques essentiels au contrôle de l’hypertension artérielle et de la dyslipidémie ».
« Cette mesure permettrait d’améliorer l’équité d’accès et, simultanément, d’accroître l’efficacité des dépenses publiques », défend-il.
Le rapport souligne que les maladies de l’appareil circulatoire continuent de représenter l’une des principales causes d’hospitalisation et de dépense directe en santé. Entre 2017 et 2024, 810 776 épisodes d’hospitalisation avec un diagnostic principal dans ce groupe de maladies ont été facturés, correspondant à un coût cumulé d’environ 2,85 milliards d’euros pour le SNS.
Au cours de cette période, une réduction soutenue du nombre d’épisodes a été observée (-20,3 %), mais avec une diminution « peu significative » du coût total (-5,6 %), une divergence qui reflète une augmentation progressive du coût moyen par hospitalisation, passant de 3 210 euros en 2017 à plus de 3 800 euros en 2024 (+18,3 %), avec une tendance à la hausse depuis 2020.
« Ce comportement suggère que, malgré la réduction globale des épisodes, le profil de gravité a augmenté et il y a eu une intensification de la consommation de ressources diagnostiques et thérapeutiques lors des hospitalisations, notamment dans les contextes d’insuffisance cardiaque, de syndromes coronaires aigus et de maladies cérébrovasculaires, en plus d’être un indicateur de plus grande complexité clinique et de vieillissement de la population », conclut le rapport.
