La Cinémathèque montre à Lisbonne comment projeter un film sur pellicule.

La Cinémathèque montre à Lisbonne comment projeter un film sur pellicule.

Selon la Cinemateca Portuguesa, José Martins, l’un de ses sept projectionnistes, « sortira de l’anonymat de la cabine » pour expliquer les spécificités de divers formats de pellicule, lors d’une séance où quatre projecteurs différents seront installés dans la salle.

 

« Au cours des plus de cent ans du cinéma, les films ont existé dans différents formats de pellicule : 70mm (millimètres), 65mm, 35mm, 17.5mm, 16mm, 9,5mm, 8mm et d’autres plus expérimentaux », correspondant chacun à des machines différentes, explique la Cinemateca dans un communiqué de presse.

Lors de la séance, seront projetés « O regador regado » et « Barca saindo do porto », deux films de Louis Lumière datant de 1895, « Pluto na terra das tulipas » (1946), de Charles A. Nichols, et « Proposal to Project in 4:3 » (2016), de Viktoria Schmid, auxquels s’ajoutent deux courts métrages portugais : « O Caldo da Pedra » (1976), d’Artur Correia, et « Hoje estreia » (1967), de Fernando Lopes.

Cette initiative de samedi fait partie du cycle « Uma Cinemateca em Chamas – Histórias de Projeção e Projecionistas », programmé par la Cinemateca Portuguesa ce mois-ci, rappelant que, « avec la numérisation et l’automatisation des salles, la figure du projectionniste a presque disparu des cinémas commerciaux ».

« La mission d’un Musée du Cinéma est non seulement de préserver les films [souvent sur des supports originaux fragiles et hautement inflammables], mais aussi de préserver la manière dont ils ont été présentés au public », soutient-elle.

Ce cycle inclut également des films choisis par les projectionnistes de la Cinemateca et propose une exposition documentaire, iconographique et d’appareils de projection, intitulée « Project », qui est visible jusqu’en juin.

Parmi les films de ce cycle se distinguent deux qui sont des portraits de ce travail invisible du cinéma et qui seront projetés le 20 : « A morte do cinema » (2003), de Pedro Senna Nunes, et « Cães sem coleira » (1996), de Rosa Coutinho Cabral.

Le premier porte sur Álvaro Dias, mécanicien automobile qui, durant son temps libre, a construit de toutes pièces un projecteur de cinéma. « Durant les années de la dictature, il a transformé son garage en salle de cinéma clandestine où il projetait des ‘films épicés' », précise la Cinemateca, à laquelle a été confié le patrimoine de ce projectionniste.

Le second film présente António Feliciano qui, dans les années 1990, était l’un des derniers projectionnistes de cinéma itinérant du pays.