Les accusés, sept personnes et une entreprise, sont inculpés des crimes d’aide à l’immigration illégale, de recrutement de main-d’œuvre illégale, de proxénétisme et de blanchiment d’argent.
Lors de cette première session, aucun des accusés n’a souhaité faire de déclaration, la séance ayant été consacrée à l’audition du premier interrogatoire de l’un des accusés, propriétaire d’un bar situé à Vila do Conde, dans le district de Porto. Selon le Ministère Public (MP), entre 2015 et juillet 2019, deux des accusés auraient recruté des femmes pour la prostitution et le service d’accompagnement en échange d’un pourcentage des revenus perçus auprès des clients.
Selon cet accusé, qui a admis lors de l’interrogatoire, « les femmes allaient et venaient à leur guise pour faire le service d’accompagnement ».
« Les espaces privés étaient pour elles faire le striptease (…) je ne savais pas qu’elles y avaient des relations sexuelles », a-t-il déclaré.
L’accusé a admis que l’accès à l’espace privé avait un coût : « ils payaient 30 euros ».
Les femmes « gagnaient une commission sur les boissons consommées », a raconté l’accusé, ajoutant qu’il ignorait si les femmes étaient en situation régulière ou non.
« Je n’avais pas le droit de leur poser la question », a-t-il expliqué.
Devant le juge d’instruction criminelle, cet accusé a également précisé que les 500 000 euros trouvés chez lui représentaient le fruit de son travail : « C’était l’argent de ma vie, que j’économisais pour acheter un commerce (…) je n’ai pas eu recours aux banques car tout n’était pas déclaré », a-t-il précisé lors de l’interrogatoire.
Selon l’enquête, les accusés « cherchaient des femmes de nationalité étrangère, notamment sud-américaines, se trouvant dans des situations économiques précaires, sans aucun soutien familial et préférablement sans leur situation légalisée au Portugal, exploitant leur situation d’illégalité, de précarité, d’insécurité et d’isolement, assurant ainsi une emprise permettant de garantir la continuité des services et le secret de l’activité ».
Le MP croit que les accusés assuraient également le logement et le transport des femmes vers le club, où lors d’inspections en février et novembre 2017, mai 2018, janvier et juillet 2019, 116 femmes ont été localisées, dont 37 en situation irrégulière.
Selon une note de la Procuradoria-Geral Regional do Porto (PGRP) de janvier 2025, plus de 550 000 euros ont été saisis dans la résidence du principal gestionnaire du commerce, ainsi que d’autres biens utilisés dans la pratique criminelle, et des quantités monétaires ainsi que des objets utilisés dans l’activité criminelle ont également été saisis auprès des autres accusés.
La suite de ce procès est prévue pour le 21.
