« Entre aujourd’hui et demain matin, la demande de sursis sera déposée au tribunal », a confirmé à l’agence Lusa le coordinateur de la Commission des Travailleurs de l’Institut National d’Urgence Médicale (INEM).
Selon Rui Gonçalves, la décision de saisir le tribunal pour suspendre la délibération du 14 janvier du conseil d’administration a été prise après « l’absence de réponse » de la ministre de la Santé.
La semaine dernière, la Commission des Travailleurs de l’INEM avait demandé l’intervention d’Ana Paula Martins, responsable directe de l’institut, pour le « retour immédiat à la légalité et la sauvegarde du SIEM », face à la délibération qui a instauré un nouveau modèle de formation et de certification des professionnels qui font partie de ce système de secours à la population.
Ce qui est en cause « c’est une illégalité », a souligné Rui Gonçalves, affirmant que la délibération signée par le président Luís Cabral et le membre António Eça Pinheiro « contredit deux arrêtés et un décret », ce qui fait qu' »elle n’a aucune validité juridique ».
« Une délibération du conseil d’administration n’a pas plus de force qu’un décret ou un arrêté », a insisté le coordinateur de la Commission des Travailleurs, qui dit ne trouver aucune justification pour les mesures adoptées par les responsables de l’institut.
Une source de l’INEM a indiqué à Lusa que la délibération s’inscrit dans le cadre actuel de la loi organique de l’institut, qui « précise que l’INEM doit définir, planifier, coordonner et certifier la formation » de l’urgence médicale des éléments du SIEM.
Dans l’Algarve, Ana Paula Martins a déclaré aujourd’hui que la décision du conseil d’administration de l’INEM fait suite aux recommandations présentées par la Commission Technique Indépendante et qu’elle « est totalement alignée » avec la nouvelle loi organique de l’institut que le gouvernement prépare.
Une partie de la formation « n’était plus justifiée au sein de l’INEM », a défendu la ministre, estimant que ce « n’est pas l’une des fonctions essentielles » de l’institut, dont la mission principale est le secours en urgence médicale préhospitalière.
Selon la délibération, l’institut cessera d’intégrer dans son portefeuille la formation certifiée de Conducteur d’Ambulance de Transport (TAT) et Conducteur d’Ambulance de Secours (TAS), support vital de base, immédiat et avancé (SBV, SIV et SAV), ainsi que le Support Avancé de Vie Pédiatrique (SAVP).
Selon le document, l’INEM se concentrera désormais sur la formation institutionnelle obligatoire d’introduction au Système Intégré d’Urgence Médicale (SIEM) et sur les cours par protocole en fonction du niveau de réponse.
Quant à la certification – jusqu’à présent attribuée par l’INEM -, la délibération indique que l’accréditation et l’audit des entités de formation seront suspendus « jusqu’à la fin du processus de révision organique en cours ».
La recertification des professionnels devra avoir lieu tous les cinq ans et s’effectuera par l’une des trois méthodes suivantes : formation de recertification, examen d’évaluation ou reconnaissance du parcours professionnel.
