«Nous continuons à ne pas accepter d’accords qui nuisent aux travailleurs, qui leur retirent du pouvoir d’achat et qui ne rétablissent pas ce qui a été progressivement coupé au fil des années», a affirmé le coordinateur de la Frente Comum, Sebastião Santana, à la sortie de la réunion avec la secrétaire d’État à l’Administration Publique, à Lisbonne.
Sebastião Santana a indiqué que la réunion de ce matin «avait pour but de clore formellement le processus» de Négociation Générale Annuelle pour l’Administration Publique, actuellement en cours, et que l’information transmise par la secrétaire d’État était que celle-ci «était la dernière réunion».
Pour la Frente Comum, l’accord proposé par le gouvernement est un «appauvrissement» et reste «en-deçà du nécessaire», donc la fédération a déclaré qu’elle ne le signerait pas.
«Nous ne demanderons pas de négociation supplémentaire et nous n’y participerons pas si elle existe», a-t-il ajouté.
Que prévoit la proposition du gouvernement?
Selon le coordinateur de la Frente Comum, la proposition d’accord du gouvernement présentée lors de cette réunion n’a apporté aucune nouveauté par rapport à ce qui a déjà été rapporté, prévoyant notamment des augmentations de 2,15 %, avec un minimum de 56,58 euros pour cette année, et une augmentation de l’indemnité de repas dans la fonction publique de 15 centimes (par jour) par an jusqu’en 2029.
En pratique, cela signifie que la base salariale de l’Administration Publique (soit le salaire minimum d’État) passera de 878,41 euros actuels à 934,99 euros en 2026.
Sebastião Santana a également indiqué avoir lancé un «défi» au gouvernement pour «s’asseoir à la table» avec les syndicats et ouvrir «un autre processus de négociation extraordinaire en vue d’une augmentation intermédiaire des salaires dans un premier temps, puis répondre aux quatre autres priorités» remises aujourd’hui par la Frente Comum et qui figurent dans le cahier de revendications de la fédération.
«Ils n’attendront pas septembre de cette année pour commencer à rediscuter les salaires pour l’année suivante», a-t-il souligné, critiquant la manière dont le processus a été mené, étant donné qu’il se termine alors que le Budget de l’État pour 2026 n’est pas seulement «approuvé, mais promulgué et en vigueur».
En plus de la question salariale, Sebastião Santana a mentionné que parmi les «priorités» de la Frente Comum se trouve «le rétablissement du lien public de nomination», le remplacement du système d’évaluation des fonctionnaires par un système «qui n’a pas ces conditions qui existent aujourd’hui», la valorisation des carrières et un investissement dans les services publics.
«Nous avons besoin de services publics valorisés, et non de ce qui se passe, comme nous le voyons malheureusement tous les jours [avec] des nouvelles de services publics fortement dégradés, [comme c’est le cas d]u cas du Service National de Santé», a-t-il souligné.
Dans le cadre de ce processus de négociation, le gouvernement s’est déjà montré disposé à avancer avec une extension de l’accord pluriannuel de valorisation des travailleurs de l’Administration Publique actuellement en vigueur, afin de couvrir la législature actuelle, c’est-à-dire jusqu’en 2029, proposant dans ce cas des augmentations de 2,30 %, avec un minimum de 60,52 euros.
La proposition présentée aux syndicats de la fonction publique inclut d’autres matières, telles que «la valorisation du statut rémunératoire des dirigeants, l’inclusion de la valorisation d’autres carrières, la révision du SIADAP, ainsi que celles prévues dans l’accord en vigueur : la révision du régime d’indemnités de déplacement et de transport, l’évaluation de l’impact de l’accélérateur de carrières et la révision des carrières générales», a indiqué le ministère des Finances dans un communiqué, le 17 décembre.
