Lors d’une déclaration à Lusa, les organisateurs du festival, qui se déroule du 27 février au 8 mars et qui « est né d’une conversation dans l’ancien café Luso », Mário Dorminsky et Beatriz Pacheco Pereira, ont souligné la reconnaissance internationale du Fantasporto tout en déplorant l' »abandon quasi complet et l’absence » d’aides de la part des organismes publics nationaux.
« Nous bénéficions actuellement d’une visibilité internationale immense, comme en témoigne le nombre de films qui nous ont été envoyés. Nous avons reçu pour sélection environ 800 courts-métrages et 300 longs-métrages provenant de pays des cinq continents, de la Mongolie à l’Australie, en passant par l’Afrique du Sud et toute l’Amérique latine », a enumeré Beatriz Pacheco Pereira.
Elle a poursuivi : « Ces films sont récents, réalisés par des noms qui sont des références mondiales ou par de nouveaux talents. Le Fantasporto est également une référence pour la découverte de talents, et notre couronne de gloire est le fait d’avoir 31 avant-premières lors de cette édition ».
Mário Dorminsky a toutefois regretté la réduction des soutiens au Fantasporto : « Nous avons accompli tout cela malgré une réduction brutale du financement que nous avons subi. Nous avons un budget beaucoup plus faible que par le passé, ce qui nous limite également pour l’avenir ».
Pour cette raison, comme l’a affirmé Beatriz Pacheco Pereira, le Fantasporto est plus qu’un festival : « C’est un acte de résilience à Porto », a-t-elle assumé.
Pour l’avenir, outre la continuation du festival qu’ils souhaitent voir croître et « transmettre aux nouvelles générations, mais pas sans capital », le couple exprime un souhait sous forme de défi : « Nous aimerions travailler sur tout notre fonds d’archives. Nous ne voulons pas simplement un dépôt, mais un endroit pour préserver notre collection, qui est unique, et qui pourrait être exploré, visité, étudié », a expliqué Mário Dorminsky.
De l’édition 2026, ils soulignent les « marques de la réalité » dans les films en exposition, allant de l’utilisation et de l’abus de l’Intelligence Artificielle (IA), avec des films entièrement créés par IA, à l’émigration : « Ce sont des perspectives de modernité, avec des messages réels », a indiqué Beatriz Pacheco Pereira.
Dans cette édition, le retour en force de l’Espagne, de l’Amérique latine et du cinéma asiatique ainsi qu’une rétrospective de cinéma norvégien sont des marques fortes, avec notamment une rétrospective dédiée au cinéma norvégien, en collaboration avec le Norwegian Film Institute et Film Forbundet, dans le cadre du Belt and Road Alliance, un projet du Festival de Shanghai dont le Fantasporto – Festival International de Cinéma de Porto est membre fondateur.
Le Fantasporto propose au cinéma Batalha des titres comme « Don’t Call Me Mama », de Nina Knag, « My Uncle Jens », de Brwa Vahabpour, « Armand », de Halfdan Ullmann Tondel, « Loveable (Ekskling) », de Lilja Ingolfsdottir, « Thelma », de Joachim Trier, « Kitchen Stories », de Bent Hamer, et « What Will People Say », de Iram Haq.
Parmi les longs-métrages espagnols, se distinguent « Luger », de Bruno Martín, « Bajo Tus Pies », de Cristian Bernard, « Gaua », de Paul Urkijo Alijo, « El Susurro », coproduction avec l’Uruguay et l’Argentine réalisée par Gustavo Hernández Ibáñez, « No Dejes los Niños Solos », de Emilio Portes, et « Vacío », de Javier Cano Larumbe.
De l’Orient viennent des œuvres mettant particulièrement l’accent sur la République populaire de Chine et le Japon, avec en vedette le réalisateur Eiji Uchida, qui présentera à Porto son film le plus récent, « Eternals ».
Quant au cinéma portugais, en compétition pour le Prix de Cinéma Portugais – Meilleur Film 2026 figurent la long-métrage « Paramnésia », de Tiago « Ramon » Santos, et « Cativos », de Luís Alves, cette dernière également incluse dans la Semaine des Réalisateurs.
La section portugaise inclut également plusieurs courts-métrages comme « Estou Aqui », d’Ana Rita Martins, « Manhã, na Montanha », de Luís Miranda, « Falling Forward, Slightly », de Vasco Viana, « Dentro de Mim », de Daniela Pereira Marques, et « Corça », de Maria Lima, entre autres.
Le Fantasporto commence par la première de « Bakudan », du japonais Akira Naguai, et se termine avec le film du finlandais Arto Halonen « After Us, The Flood ».
Dans la Semaine des Réalisateurs, la programmation inclut « Wild Nights, Tamed Beasts », de Wang Tong, « Lopsided », de Tara IIllenberger, « Papa Buka », de Biju Damodaran, et « Don’t Call me Mama », de Nina Knag, parmi d’autres titres provenant d’Asie, d’Afrique et d’Europe.
Les écoles de cinéma portugaises participent avec des productions d’étudiants de plusieurs institutions, notamment « Caça’Dor » (Escola Superior Artística do Porto), « Restart » (Soares dos Reis), « Cama de Lavado » (Universidade Católica do Porto), « Limiar » (Universidade da Beira Interior), « À Venda » (Escola Superior de Media Artes e Design), « Imagem Filtrada » (Universidade do Minho) et « Os Terríveis » (Universidade Lusófona de Lisboa).
À signaler également le Fantasporto Summit qui comprend plusieurs ‘talks’ en 2026 qui s’immergeront dans des sujets directement liés au cinéma et à son état actuel, les ‘Movie Talks’ seront complétées par la présentation de livres d’auteurs tels qu’Artur Manso, Danyel Guerra, José Carlos Pereira et Francisco Duarte.
