CP ? La sous-concession de lignes est « un pas de plus » vers la privatisation.

CP ? La sous-concession de lignes est "un pas de plus" vers la privatisation.

« Cette option constitue une nouvelle étape dans le processus de privatisation des transports ferroviaires et représente une attaque directe contre la CP en tant qu’entreprise publique stratégique et essentielle pour le pays », indique un communiqué publié aujourd’hui par cet organisme.

 

La Commission des travailleurs a accusé le gouvernement de vouloir justifier la décision « en recourant à la démagogie, à la désinformation et à la propagande » et de cacher « les conséquences réelles que la sous-concession de ces lignes aurait ».

Selon les travailleurs de la CP, retirer à l’entreprise les services suburbains les plus rentables « compromettrait gravement l’équilibre économique de l’entreprise » et mettrait en péril son fonctionnement au niveau national ainsi que sa survie.

Parallèlement, la Commission des travailleurs de la CP a souligné que cette annonce intervient après la garantie de l’achat de nouveaux trains, après des décennies sans investissement dans le matériel roulant.

« Ce qui se prépare est, en pratique, la remise de matériel roulant acquis grâce à un investissement public à des exploitants privés », ont-ils déclaré, en faisant référence au cas de Fertagus, qui « opère sur une infrastructure publique avec des trains prêtés par la CP ».

« L’investissement est public, mais les bénéfices sont appropriés par des groupes économiques privés et multinationaux », accusent les travailleurs, estimant que ce modèle est contraire à l’intérêt national et qu’il « sert exclusivement les intérêts et le profit des privés ».

Jeudi, lors du ‘briefing’ du Conseil des ministres, le ministre des Infrastructures a déclaré que le gouvernement, après avoir analysé une étude préliminaire commandée par la CP sur la viabilité économique et financière des sous-concessions, a mandaté l’entreprise pour présenter « des solutions concrètes juridiques, économiques et temporelles pour des modèles de sous-concession sur ces quatre itinéraires », dans un délai de 90 jours.

Selon Miguel Pinto Luz, le gouvernement entend lancer les appels d’offres pour les sous-concessions « au second semestre de l’année », la CP étant l’entité « qui gérera toutes les sous-concessions ».

Au total, les quatre services à sous-concéder couvrent une distance de 355 kilomètres et transportent 166 millions de passagers en 2024.

La Commission des travailleurs de la CP estime que le gouvernement doit assumer les retards dans l’achat de matériel roulant et renforcer la capacité de maintenance et de production pour augmenter l’offre, ainsi qu’adopter un modèle d’investissement public direct dans la ligne à grande vitesse, plutôt qu’un modèle de partenariat public-privé.