L’audit du Tribunal des Comptes sur les dépenses liées au révèle qu’entre 2018 et 2023, 22.691.161 certificats d’incapacité temporaire de travail (CIT) ont été émis, et que les dépenses liées aux allocations de maladie ont atteint 885,2 millions d’euros en 2023, soit une augmentation de 57,3 % par rapport à 2018 (562,8 millions d’euros).
Selon un communiqué du Tribunal des Comptes, l’augmentation la plus significative, de 22,1 %, a été enregistrée en 2020 par rapport à 2019, correspondant à 135,7 millions d’euros.
Le rapport d’audit révèle que l’augmentation du nombre de CIT a coïncidé avec la période de la pandémie de Covid-19 et que la croissance des dépenses a entraîné une hausse de la part de cette rubrique dans le total des dépenses de la Sécurité sociale, passant de 2,2 % en 2018 à 2,7 % en 2023.
En termes de pourcentage du Produit Intérieur Brut (PIB), les dépenses ont oscillé entre 0,3 % et 0,4 %, se maintenant autour de 0,3 % du PIB depuis 2021.
« De plus, il a été constaté que l’augmentation des dépenses pour cette rubrique est liée à l’augmentation de la population active et du salaire brut mensuel moyen par travailleur, et, dans une moindre mesure, au vieillissement de la population active », souligne le Tribunal des Comptes.
L’audit a conclu que « l’émission et la transmission électronique des CIT réalisée dans le cadre de la Sécurité sociale a rendu le processus d’octroi des prestations de maladie plus rapide, bien que cela n’ait pas entièrement éliminé les erreurs et les défaillances dans les CIT ».
Il a également identifié un ensemble de certificats d’incapacité temporaire pour lesquels il manquait des informations obligatoires, notamment la description de la maladie/empêchement et l’enregistrement du lieu d’émission, ce qui, affirme-t-il, « souligne la nécessité d’améliorer la gestion de la base de données correspondante ».
Le rapport indique également que « le processus d’interopérabilité entre les systèmes d’information de la santé et de la sécurité sociale concernant les CIT permet seulement la communication des données des services de santé vers les services de la Sécurité sociale, ce qui nuit au retour automatisé d’informations sur les erreurs et défaillances identifiées dans les certificats durant leur traitement, information essentielle pour l’amélioration du processus ».
Le Tribunal des Comptes alerte que les erreurs et défaillances dans le remplissage des CIT nécessitent l’intervention manuelle des équipes de la Sécurité sociale et, dans certaines situations, il est nécessaire de demander un nouveau certificat au bénéficiaire, compromettant ainsi la rapidité du paiement des prestations de maladie.
Le rapport révèle encore que la Direction générale de l’Administration et de l’Emploi Public (DGAEP) ne dispose pas de données complètes et fiables sur l’impact de la maladie sur l’emploi public, une information essentielle pour la gestion de l’absentéisme.
Le Tribunal a formulé un ensemble de recommandations aux ministres du Travail et de la Sécurité sociale, Rosário Palma Ramalho, et de la Santé, Ana Paula Martins, à l’Entité Budgétaire, à l’Institut de la Sécurité Sociale, à la DGAEP et aux Services partagés du ministère de la Santé afin d’améliorer les procédures de contrôle et de gestion des dépenses liées à la protection de la santé.
Les recommandations incluent « promouvoir l’amélioration de l’interopérabilité des systèmes d’information de la Santé et de la Sécurité sociale », visant à minimiser les erreurs dans le traitement des CIT et à accélérer les paiements correspondants.
« Promouvoir la transmission électronique des CIT pour les bénéficiaires du Régime de Protection Sociale Convergente (RPSC) et instituer des mécanismes de contrôle qui assurent la correction, l’intégrité et la fiabilité des dépenses enregistrées avec la protection dans la maladie de ces bénéficiaires » sont d’autres recommandations du tribunal.
Dans le cadre de la contradiction incluse dans le rapport, la ministre du Travail et de la Sécurité sociale a annoncé son « … engagement en faveur du renforcement de la coordination institutionnelle avec le ministère de la Santé, l’amélioration continue de la qualité des données et des validations automatiques, l’élimination progressive ».
