Le bâtonnier de l’Ordre des Médecins a affirmé aujourd’hui que les accouchements dans des ambulances et dans l’espace public ne peuvent être expliqués uniquement par la fermeture des urgences, soulignant le climat de méfiance des femmes enceintes envers la réponse du SNS.
Carlos Cortes commentait ainsi un rapport de la Direction exécutive du SNS, publié aujourd’hui par le journal Público, selon lequel, jusqu’au 20 novembre 2025, 70 accouchements ont eu lieu dans des ambulances et dans l’espace public avec activation de l’INEM, mais seulement six pourraient avoir été évités si l’urgence obstétrique la plus proche n’avait pas été fermée.
L’étude, réalisée à la demande du ministère de la Santé sur les accouchements, indique que l’augmentation de ces accouchements enregistrés par l’INEM pourrait être due à une utilisation accrue de la ligne SNS24. Elle révèle également, sur la base d’une analyse de neuf accouchements en contexte extra-hospitalier, que la majorité des femmes suivies l’étaient en réalité par le SNS, contredisant la théorie de la ministre de la Santé.
Pour le bâtonnier, il est nécessaire de « remettre les choses dans le bon angle », en expliquant que l’étude aurait analysé les causes directes des accouchements hors des maternités, mais qu’il faut également examiner « les causes indirectes », notamment « la méfiance actuelle des femmes envers la réponse du Service National de Santé ».
Selon Carlos Cortes, cette méfiance a conduit de nombreuses femmes enceintes à retarder leur visite dans les maternités et les urgences, finissant par accoucher dans les ambulances ou dans l’espace public.
Par ailleurs, il a alerté qu' »il y a de plus en plus d’accouchements réalisés à domicile par des personnes qui ne sont pas qualifiées pour le faire ».
« Ainsi, nous devons savoir analyser ces causes indirectes. Il ne s’agit pas seulement de comprendre quelles urgences étaient ouvertes à ce moment-là, mais de comprendre l’environnement dans lequel nous nous trouvons », a-t-il défendu, commentant qu’il ne se souvient pas avoir vu, ces dernières décennies, « un environnement aussi négatif et méfiant de la part de la population envers la réponse des services d’urgence et, notamment, la réponse des maternités ».
Le bâtonnier a également estimé que la réponse passe par des mesures structurelles, notamment l’embauche de plus d’obstétriciens, mais aussi d’anesthésistes, rappelant que de nombreuses fermetures de maternités sont dues à la pénurie d’anesthésistes.
À ce propos, il a mentionné que l’Hôpital Garcia de Horta, à Almada, souvent cité lors des fermetures des urgences obstétriques, connaît une majorité de fermetures non pas en raison du manque d’obstétriciens, mais de la pénurie d’anesthésistes, un domaine que le ministère de la Santé n’a pas, selon lui, suffisamment valorisé.
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