Le gouvernement et certains syndicats de la fonction publique – la Fesap et le STE – ont signé, mercredi, le nouvel accord pluriannuel de valorisation des travailleurs de l’administration publique, garantissant des augmentations salariales minimales pour tous les fonctionnaires jusqu’en 2029.
Cet accord prolonge les engagements pris en matière d’actualisations salariales dans l’accord pluriannuel actuellement en vigueur, signé en octobre 2024 avec la Fesap et la Frente Sindical, dirigée par le STE, jusqu’à la fin de la législature, mais introduit des nouveautés en termes de l’allocation de repas ou de la révision de certaines carrières.
La Frente Comum, affiliée à la CGTP, n’a pas signé cet accord, déclarant qu’elle n’accepte pas « des accords qui nuisent aux travailleurs » et défiant le gouvernement à ouvrir « un autre processus de négociation extraordinaire ».
Voici l’essentiel en 10 points :
1 – Les augmentations salariales seront versées en février
Les augmentations salariales dans la fonction publique, prévues dans l’accord signé par la Fesap et le STE avec le gouvernement, devraient être versées en février, avec effet rétroactif à janvier.
Cette mise à jour salariale ne sera pas reflétée dans le traitement de ce mois, qui est déjà clos, et ne sera effectuée qu’en février, avec rétroactifs à janvier, selon une source gouvernementale citée par l’agence Lusa.
2 – Accord garantit une augmentation minimale de 238,14 euros jusqu’en 2029
Avec cet accord, le gouvernement maintient les objectifs d’augmentation générale des salaires de la fonction publique et étend l’horizon temporel de couverture, puisque l’accord actuel est valable jusqu’en 2028.
Ainsi, pour 2026, l’accord prévoit des augmentations salariales de 2,15 %, avec un minimum de 56,58 euros.
Pour 2027, 2028 et 2029, l’accord établit des augmentations salariales de 2,30 %, avec un minimum de 60,52 euros.
Selon le gouvernement, cette trajectoire se traduit par « une augmentation minimale de 238,14 euros » au cours de cette législature.
3 – La base salariale de l’Administration publique passe à 934,99 euros cette année
Concernant la base salariale de l’Administration publique (BRAP, communément appelée le salaire minimum de l’État), et comme indiqué précédemment, il est prévu qu’elle suive « la valorisation annuelle convenue à cette fin ».
Elle augmente donc à 934,99 euros en 2026, soit une augmentation de 6,44 % par rapport à la période précédente (lorsqu’elle était de 878,41 euros).
En comparaison avec le salaire minimum national, fixé à 920 euros, cela représente 14,99 euros de plus.
En suivant cette trajectoire, il est prévu qu’elle atteigne 1 116,55 euros en 2029.
4 – L’indemnité de repas augmente de 15 centimes par an jusqu’en 2029
La mise à jour de l’indemnité de repas était l’une des plus grandes revendications des structures syndicales, la dernière augmentation de l’indemnité de repas des travailleurs de l’Administration publique ayant eu lieu en 2023 sous le gouvernement d’António Costa, lorsqu’elle était passée à six euros.
Le nouvel accord prévoit qu’elle passe à 6,15 euros par jour en 2026, à 6,30 euros par jour en 2027, à 6,45 euros par jour en 2028 et à 6,60 euros par jour en 2029.
Cependant, l’accord stipule que cette trajectoire « pourra être évaluée », dans le cadre « du processus de négociation collective annuelle », si « des modifications substantielles sont enregistrées chaque année dans l’Indice des Prix à la Consommation [IPC] ».
5 – Révision de l’allocation de frais de déplacement et de transport prévue
L’accord prévoit la révision du régime d’allocation de frais de déplacement et de transport pour les déplacements en service public, « durant l’année 2026, avec le début du processus de négociation au deuxième trimestre de 2026 », selon l’accord auquel l’agence Lusa a eu accès.
Rappelons que dans l’accord signé en 2024, le gouvernement s’était engagé à « réexaminer entièrement le régime qui établit les normes relatives à l’allocation de frais de déplacement et de transport pour les déplacements en service public, durant l’année 2026, en vue d’une application progressive pendant 2027 », et ce malgré la « valorisation immédiate des valeurs de l’indemnité de déplacement de 5 %, à partir de janvier 2025 ».
6 – Le gouvernement envisage de revoir les carrières des sauveteurs et de la médecine légale
Alors que l’accord précédent prévoyait déjà d’accélérer la révision de certaines carrières non révisées, dans l’accord actuel, le gouvernement s’engage à revoir les carrières d’inspecteurs (dont le début du processus de négociation est prévu ce mois-ci) et dit être « en train d’analyser » une éventuelle révision de la carrière des marins sauveteurs et de la carrière de médecine légale.
7 – Le gouvernement renforce son engagement à revoir les carrières générales à partir de 2027
Comme cela était déjà prévu, le gouvernement s’engage à « réévaluer, restructurer et valoriser les carrières générales, supprimant les concepts temporaires et transitoires, dans un processus à débuter à partir de 2027 ».
Par ailleurs, il s’engage « à évaluer la possibilité de réviser l’Accord Collectif des Carrières Générales (ACT n° 1/2009) ».
Bien qu’il n’indique pas sous quelle forme, selon le secrétaire général de la Fesap, l’objectif est que cet accord intègre des sujets en lien avec la formation ou le télétravail.
8 – Le gouvernement souhaite réviser le SIADAP à partir du second semestre de cette année
Avec cet accord, le « gouvernement s’engage à élaborer des propositions pour la révision du système d’évaluation de la performance des travailleurs de l’administration publique à partir du second semestre de 2026 ».
De plus, il s’engage également « à promouvoir l’évaluation et la révision des décrets en vigueur qui adaptent le SIADAP aux réalités spécifiques des services publics, en les ajustant aux modifications introduites par le décret-loi n° 12/2024 du 10 janvier dans la loi n° 66-B/2007 du 28 décembre, notamment pour les carrières susceptibles de révision et/ou de valorisation ».
9 – Révision du statut du personnel dirigeant dès ce trimestre
Selon cet accord, le gouvernement souhaite lancer les négociations pour la révision du statut salarial du personnel dirigeant des services et organismes de l’administration centrale, régionale et locale de l’État, dès le premier trimestre de 2026.
10 – Le gouvernement souhaite présenter les conclusions de l’impact de l’accélérateur de carrières et du temps de service encore cette année
Le gouvernement s’engage à « présenter les principales conclusions de l’évaluation de l’impact et des résultats obtenus par l’application de l’Accélérateur de Carrières et de la récupération du temps de service, ainsi que la présentation et le suivi des propositions d’ajustements jugés appropriés » encore au cours de cette année.
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