Le gouvernement présente aujourd’hui un ensemble de mesures face à la panne du réseau électrique du 28 avril, au Portugal et en Espagne, qui devrait inclure un plan national de stockage et des modifications aux systèmes de contrôle du réseau électrique.
Les mesures seront présentées dans la matinée, lors d’une session au ministère de l’Environnement, par la ministre Maria da Graça Carvalho, qui sera accompagnée par le secrétaire d’État à l’énergie, Jean Barroca.
Fin juin, la ministre de l’Environnement et de l’Énergie avait annoncé qu’elle présenterait un ensemble de mesures face à la panne d’avril, bien que le rapport final sur les causes de l’événement ne soit pas encore connu.
Maria da Graça Carvalho avait indiqué à l’époque que le gouvernement souhaitait augmenter la capacité de stockage d’électricité, élaborant ainsi un « plan national de stockage » qui pourrait comprendre à la fois le stockage chimique, par des batteries, et le stockage hydraulique, grâce à la capacité des barrages.
Une autre des mesures à présenter consiste en la modification des systèmes de contrôle du réseau électrique, avec une plus grande informatisation et utilisation des données, aboutissant à « un système unique de collecte de données ».
Au début de cette semaine, les conclusions de la réunion du 15 juillet du groupe d’experts du Réseau Européen des Gestionnaires de Réseaux de Transport d’Électricité (ENTSO-E), qui enquête sur l’effondrement du réseau survenu, ont pointé comme cause la plus probable une augmentation de tension en cascade – observée dans le sud de l’Espagne dans la phase finale de l’incident – suivie de déconnexions soudaines de production, principalement dans des installations renouvelables, conduisant à la séparation électrique de la péninsule Ibérique par rapport au système continental, avec perte de synchronisme et effondrement de la fréquence et de la tension.
Ce type de perturbation n’avait jamais été identifié comme cause de panne nulle part sur le réseau européen.
Si cette conclusion est confirmée, une « analyse et enquête approfondies par tous les experts en systèmes électriques de l’ENTSO-E » seront nécessaires, ainsi que l’adoption de nouvelles mesures pour renforcer la résilience, selon le rapport.
Parmi les mesures à mettre en œuvre, les experts soulignent la nécessité d' »améliorer les procédures et capacités de gestion du contrôle de la tension de tous les acteurs actifs du système électrique » afin d’éviter de graves incidents liés à la tension à l’avenir.
L’autre ligne d’action consiste à évaluer si les plans de défense en vigueur sont capables de protéger le système électrique européen contre « ce nouveau type de phénomène ».
Durant l’incident, des plans de réponse automatiques ont été activés au Portugal et en Espagne, comme prévu par les réglementations européennes, sans parvenir à éviter l’effondrement du réseau.
Le rapport souligne néanmoins la rapidité et l’efficacité de la remise en service, la REN ayant conclu la récupération du système à 00h22 le 29 avril et la Red Eléctrica vers 04h00.
Bien que le délai légal pour produire le rapport factuel sur l’incident soit fixé au 28 octobre 2025, soit six mois après l’incident, le panel d’experts entend le remettre plus tôt.
Celui-ci sera suivi d’un rapport final, avec des recommandations à la Commission européenne et aux États membres, qui devrait être remis deux à trois mois plus tard.