Dans un communiqué conjoint, le ministère d’État et des Finances et le ministère des Infrastructures et de l’Habitat annoncent que « l’exigence d’absence de dettes fiscales est suspendue jusqu’au 31 janvier » et que durant cette période, le Gouvernement va « évaluer avec les gouvernements régionaux » l’application de la mesure.
« Le report permettra au Gouvernement d’évaluer, en collaboration avec les gouvernements régionaux, l’application de la mesure, jusqu’à la pleine mise en œuvre de la plateforme », indique le communiqué.
Selon le Gouvernement, avec ce report, le traitement des remboursements par la nouvelle plateforme électronique, prévu pour commencer jeudi, « ne sera pas disponible dans les premiers jours ».
« Les paiements relatifs aux vols aller-retour réalisés jusqu’au 30 janvier continueront d’être effectués auprès des CTT, comme c’est actuellement le cas, sans exigence d’absence de dettes fiscales et à la Sécurité sociale », explique l’exécutif.
Le 6 janvier, une modification de l’arrêté définissant la méthode de calcul de la subvention sociale de mobilité a été publiée, introduisant comme critère d’accès au remboursement des billets la « régularité de la situation contributive et fiscale du bénéficiaire, devant la Sécurité sociale et l’Autorité fiscale et douanière ».
« En cas de dettes envers les entités mentionnées au paragraphe précédent, aucune somme ne peut être versée au titre de subvention sociale de mobilité tant que la situation n’est pas régularisée », précise l’arrêté.
Dans un communiqué publié le lendemain, le 7 janvier, le Gouvernement a assuré qu’il ne serait pas nécessaire pour le bénéficiaire de présenter « aucun certificat » attestant de sa « situation contributive vis-à-vis des Finances ou de la Sécurité sociale », ajoutant qu' »d’ici fin janvier », cette conformité commencerait « à être vérifiée automatiquement par la plateforme ».
La mesure a suscité des protestations des gouvernements régionaux et des partis politiques des Açores et de Madère, qui ont accusé le Gouvernement de discriminer les citoyens des régions autonomes.
L’Assemblée législative des Açores a approuvé à l’unanimité une proposition de loi du gouvernement régional pour abroger ce critère et un projet de résolution de Chega pour demander au Tribunal constitutionnel de contrôler l’inconstitutionnalité des normes de manière abstraite et successive.
À Madère, le groupe parlementaire du PSD a annoncé qu’il présentera une proposition de modification pour abroger l’obligation d’absence de dettes envers l’État et le représentant de la République, Ireneu Cabral Barreto, a admis qu’il pourrait soulever la vérification de la constitutionnalité de la norme.
Créée en 2015, la subvention sociale de mobilité prévoit l’octroi d’un remboursement aux résidents, résidents assimilés et étudiants des deux régions autonomes, résultant de la différence entre le coût éligible du billet, payé intégralement par le passager, et le tarif maximal supporté par le résident, défini par arrêté.
Aux Açores, le tarif maximal supporté par les résidents pour les voyages (aller-retour) vers le continent est de 119 euros et celui supporté par les étudiants est de 89 euros, avec un plafond de 600 euros sur le coût éligible du billet.
Dans les liaisons entre Madère et le continent, le tarif maximal pour les résidents est de 79 euros et celui des étudiants de 59 euros, avec une limite du coût éligible des billets de 400 euros à Madère et de 500 euros à Porto Santo.
Pour les voyages entre les deux archipels, le tarif maximal pour les résidents est de 79 euros et celui des étudiants de 59 euros, avec un plafond maximal de 600 euros sur le coût éligible des billets.
