Lors d’une conférence de presse organisée par la mairie de Coimbra, après une réunion avec la Protection civile en présence du Premier ministre Luís Montenegro et de la ministre de l’Environnement et de l’Énergie Maria da Graça Carvalho, Pimenta Machado n’a pas répondu à au moins deux questions concernant l’entretien de cette infrastructure.
Interrogé à plusieurs reprises par l’agence Lusa sur l’intervention de Navigator, notamment sur quel contrat ou autre procédure publique permet à Navigator d’intervenir dans un système hydraulique du Mondego, dont la gestion relève de l’autorité environnementale en question, Pimenta Machado est resté silencieux.
Les interventions de Navigator en situations d’urgence liées aux inondations — notamment lorsque le canal d’irrigation, qui fournit de l’eau à l’agriculture, aux papeteries de Figueira da Foz et à l’approvisionnement en eau de cette municipalité, s’effondre — sont bien connues depuis des années des élus, entrepreneurs et agriculteurs du Bas Mondego.
Le fonctionnement de l’usine située dans la paroisse de Lavos de la papeterie portugaise (notamment ses machines à papier et pâte à papier) dépend de l’eau coulant dans le canal d’irrigation. Ces deux derniers jours, ce canal (adjacent à la rive droite du canal principal du Mondego) a rompu, au moins à deux endroits, interrompant le flux d’eau se dirigeant vers l’ouest, passant sous le fleuve Mondego (entre les paroisses d’Alqueidão et de Vila Verde) et poursuivant vers l’usine de Lavos.
Plusieurs sources entendues par Lusa ont confirmé l’intervention de Navigator dans la situation actuelle des inondations du Bas Mondego, prétendument par la mise en marche de la seule pompe de la station de pompage de Foja et par l’utilisation ultérieure de cet équipement pour rediriger l’eau retirée des champs vers le canal d’irrigation — permettant ainsi qu’elle atteigne à nouveau l’usine de Figueira da Foz.
Lundi, l’agence Lusa a interrogé l’APA et le ministère de l’Environnement précisément sur la question de savoir si le système électrique de la pompe a été réparé ou mis à disposition par Navigator et, parmi d’autres questions, sur la nature de l’intervention de Navigator dans le système hydraulique du Mondego et combien cela coûte au trésor public.
D’autres questions, toujours sans réponse, concernaient les termes du contrat, s’il en existe un, et pourquoi les interventions en question ne sont pas réalisées par l’APA, mais confiées à une entreprise privée.
Au même moment, Lusa a également interrogé Navigator sur sa responsabilité dans la mise en marche de la pompe, quel contrat l’entreprise a avec l’APA pour intervenir dans un système hydraulique public, le montant de l’investissement réalisé et comment la papeterie a été indemnisée par l’État portugais pour ces dépenses, mais n’a pas obtenu de réponse.
En janvier 2020, après les inondations de décembre 2019, les agriculteurs et propriétaires agricoles ont refusé de contester la réalisation, par des privés, de l’intervention sur le canal d’irrigation — argumentant que depuis des années les papeteries sont, en pratique, responsables de la maintenance de l’infrastructure, puisque l’eau, en particulier celle reçue par Navigator, est cruciale pour leur production de papier et de pâte à papier —, mais ont pointé le manque de transparence du processus et l’absence alléguée de mécanismes de contrat public.
Les interventions effectuées par des privés sur le domaine public du Mondego avaient déjà été remarques par la Cour des comptes (TdC) en 2017 dans le cadre d’un audit réalisé aux Fonds Environnementaux.
Dans son analyse, le TdC a contesté une candidature de l’ex-Soporcel (aujourd’hui Navigator) réalisée en avril 2014, pour un montant de 2,5 millions d’euros au Fonds de Protection des Ressources Hydrauliques pour la « réhabilitation de tronçons du canal conducteur général du Mondego [canal d’irrigation] », après avoir conclu, un mois plus tôt, une « réparation d’urgence » coûtant plus de 150 000 euros.
À l’époque, le TdC a soutenu que les travaux que la papeterie se proposait d’exécuter étaient de la responsabilité de l’APA, « concernant un canal situé dans le domaine public hydraulique, qui fait partie de l’Aménagement Hydraulique du Mondego et est la propriété de l’État », et affirmait ne pas trouver « de motifs justifiant de confier la réalisation d’une œuvre publique à une entité privée lorsque celle-ci est de la compétence d’un institut public ».