L’édition de cette année propose plus de concerts que celle de l’année passée, qui « a été un succès », selon Sérgio Machado, responsable de la direction artistique du festival avec Márcia Leça.
« As Folhas Novas Mudam de Cor », titre d’une composition de Pinho Vargas et de l’un de ses albums de jazz, donne également son nom au concert autour de l’œuvre jazzistique du compositeur de « Dança dos Pássaros » et « O Movimento Parado das Árvores », prévu le 26 février.
Pinho Vargas interprétera certains de ses thèmes au piano lors de la première partie du concert, et la seconde partie offrira « la possibilité de revisiter [son] œuvre par des musiciens d’autres générations », notamment un quartet composé du saxophoniste José Soares, du pianiste Miguel Meirinhos, du contrebassiste Hugo Carvalhais et du batteur Mário Barreiros, qui a joué avec António Pinho Vargas il y a de nombreuses années.
« Ce quartet va montrer jusqu’à quel point les nouvelles feuilles changent ou non de couleur », a déclaré Sérgio Machado à Lusa.
« Le grand moteur de ce Festival est la Mairie d’Oeiras », a affirmé le directeur artistique, visant une « constance » permettant à l’événement de devenir une référence dans la programmation culturelle de cette commune voisine de Lisbonne.
« L’idée est de stabiliser ce format pour le suivre dans les années à venir », a-t-il affirmé.
Dans cette perspective, deux nouvelles lignes ont été introduites dans l’édition actuelle : une pour la création de public, avec un concert commenté pour les familles, et une autre, plus pédagogique, avec une ‘masterclass’ par le saxophoniste et compositeur américain David Binney, le 20 février.
Binney montera sur scène à l’Auditorium Ruy de Carvalho, le lendemain, avec le trio de João Barradas pour jouer l’album « Aperture », sorti en novembre dernier. Il sera rejoint par Pedro Pedroso à la batterie et André Rosinha à la contrebasse.
Cet album, le résultat d’une résidence artistique effectuée à la Casa da Música de Porto, est présenté en live pour la première fois.
« A Idade do Jazz » est le titre du concert pour les familles, animé par la narration de l’actrice Isabel Ruth, avec un texte de Márcia Leça, dans une recréation d’un club de jazz des années 1920, avec une ‘jazz-band’ sous la direction du guitariste Bruno Santos, composée de Margarida Campelo (voix et piano), Zé Maria (saxophone), Romeu Tristão (contrebasse) et João Ribeiro (voix et batterie).
Le spectacle, qui inclut un couple de danseurs, vise à raconter l’histoire du jazz au cours du dernier siècle.
L’un des objectifs du festival est de mettre en avant des musiciens nationaux à la tête de formations internationales.
« Dans les formations comprenant des musiciens internationaux, nous avons à la direction des musiciens portugais ou vivant au Portugal. Ce n’est en aucun cas une question nationaliste, bien au contraire, il s’agit de renforcer la diversité et la vitalité de la musique jazz produite au Portugal, tout en restant en dialogue constant avec des musiciens d’autres origines et horizons géographiques », a-t-il expliqué.
« L’idée est, plutôt que d’inviter uniquement des formations internationales, de favoriser ce mélange, mais en accordant une certaine visibilité aux musiciens nationaux », a-t-il ajouté.
Le sextet Mosaïc, avec une origine géographique principalement méditerranéenne, fera sa première apparition au Portugal, clôturant le festival le 28 février, en proposant une fusion entre le jazz et la musique de la région méditerranéenne, englobant le Portugal et la Bulgarie.
Le groupe est composé des musiciens portugais Diogo Alexandre à la contrebasse, Zé Alberto à la batterie, du Bulgare Georgi Dobrev au kaval (flûte oblique traditionnelle des Balkans), des Français Adèle Viret (violoncelle) et Noé Clerc (accordéon), ainsi que du Tunisien Hamdi Ammoussi à la percussion.
Ce groupe présentera lors de ce festival son prochain album, qui « sortira prochainement ».
Pour Sérgio Machado, ce sextet « est le meilleur témoignage de la manière dont la musique, la culture, le jazz peuvent être des espaces de dialogue, des points de rencontre et des moyens par lesquels les gens se réunissent ».
Le sextet, selon Machado, apporte au festival quelque chose qui se veut une marque distinctive : la diversité et la richesse culturelles.
Le saxophoniste britannique Andy Sheppard présentera également son nouvel album, accompagné de Rita Marcotulli au piano et Michel Benita à la contrebasse. Le concert est prévu pour le 27 février.
Sheppard réside au Portugal depuis 10 ans et a collaboré régulièrement avec des compositeurs tels que Carla Bley, George Russel et Gil Evans.
Sérgio Machado a décrit ce concert comme « l’un des points forts » du festival.
Le festival s’ouvre le 18 février avec les compositrices Sara Dowling (voix et violoncelle) et Clara Lacerda (piano), le contrebassiste Romeu Tristão et le batteur Jorge Rossy, des musiciens qui se sont rencontrés lors d’un festival espagnol en Catalogne, et qui interpréteront lors de ce concert des thèmes des deux compositrices, marquant ainsi leur première prestation nationale.
Bien que ce ne soit pas intentionnel dans la programmation, le responsable a reconnu que le festival transmet un message de « diversité et de coexistence en ces temps d’intolérance croissante ».
Le programme comprend également une prestation de la chanteuse et compositrice Rebecca Martin, qui montera sur scène le 19 février, accompagnée par le guitariste norvégien Lage Lund.
Le budget du Festival dépasse les 40 000 euros, selon le responsable.
L’an dernier, les quatre spectacles du Festival « étaient tous complets », avec un total de 1 200 spectateurs. La perspective pour cette année est de dépasser les 2 000 spectateurs, selon la même source.
