Le film fait sa première mondiale dans un festival qui met régulièrement en avant le cinéma portugais et qui, selon João Nicolau, représente « une excellente vitrine » de diffusion, comme il l’a confié lors d’une interview à l’agence Lusa.
« C’est un festival qui offre cette plateforme aux cinématographies et aux propositions qui n’ont souvent pas leur place dans les festivals plus ‘mainstream’ ou sur le circuit commercial. […] Avec les festivals, nous avons l’occasion de présenter l’œuvre à des publics différents, de géographies et contextes culturels divers, et cela, oui, me procure du plaisir », a-t-il déclaré.
« La Providence et la Guitare » est le quatrième long métrage de João Nicolau, présenté comme « une aventure absurde, une plongée ludique dans les difficultés et les plaisirs de la vie artistique », inspirée d’une nouvelle de Robert Louis Stevenson, du XIXe siècle.
Dans l’histoire, les personnages Léon et Elvira Berthelini sont un couple d’artistes ambulants menant une vie d’aventures, sans grande stabilité et à la merci de la bonne volonté de ceux qui les accueillent dans chaque village qu’ils traversent.
Dans le film, João Nicolau explore l’érudition du langage et des mots des Berthelini, mais y ajoute une dimension magique et onirique, en plaçant les deux personnages également au XXIe siècle, en tant que membres d’un groupe de punk rock précaire.
Léon et Elvira Berthelini sont interprétés par Pedro Inês et Clara Riedenstein, à la tête d’un casting qui comprend, entre autres, Isac Graça, Jenna Thiam, Américo Silva et le musicien Salvador Sobral, dans le rôle d’un aspirant banquier auquel on conseille de mener une vie d’artiste.
João Nicolau et une partie du casting seront présents à Rotterdam pour présenter le film, qui sortira en salles au Portugal le 14 mai.
« Pour moi, c’est bien plus réjouissant de faire le film, de travailler dessus que de le présenter. Il est clair que la promotion est un aspect important, surtout pour un type de film qui n’ambitionne pas ou n’a pas été conçu dans le but premier d’avoir un grand impact commercial, ce qui est le cas de celui-ci », a-t-il dit.
En plus de « La Providence et la Guitare », au Festival de Rotterdam est en compétition officielle le long métrage « Projet Global », de Ivo M. Ferreira, dont la narration est « ancrée au début des années 1980, époque où le Portugal a été le théâtre d’attentats et de vols perpétrés par les Forces Populaires 25 Avril (FP-25) ».
Dans le programme pour courts et moyens métrages, seront également présentés les courts métrages « O », de l’actrice et réalisatrice Francisca Alarcão, et « Computadora », de l’artiste visuelle Alice dos Reis.
Hors compétition, la réalisatrice Margarida Paias présentera son premier court métrage « Rui Carlos ».
En termes de coproductions minoritaires du Portugal, Rotterdam comptera sur les films « Lone Samurai », de Josh C. Waller, « Domestic Demon », d’Anahid Yahjian, et « Statues also die? », de Thais Fernandes.
Le 55e Festival du Film de Rotterdam se termine le 8 février.
